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Marianne Brown
Présidente et CEO





Plus ça va, mieux c'est : perspectives 2010

Indubitablement, 2009 aura été une année charnière du point de vue des transactions dans le secteur des services financiers. Après avoir connu des performances en chute libre suivies par un début de redressement, le monde de la finance est aujourd’hui à la croisée des chemins.

La crise du crédit et les perturbations des marchés, qui caractérisent le secteur depuis un an et demi, témoignent d’un sous-investissement chronique dans les outils de gestion du risque et en illustrent les dangers.

Cependant, rien ne sert de trop noircir le tableau. De fait, 2009 a également été marquée par des changements positifs, notamment en ce qui concerne l’attitude générale du secteur à l’égard de la transparence et de la réduction des risques. Les middle et back offices tentent depuis des années d’attirer l’attention des front offices et des conseils d’administration sur ce sujet, qui leur a toujours semblé être un facteur essentiel de succès sur les marchés internationaux. En 2009, enfin, ils ont assisté à une prise de conscience.

La leçon à retenir de la crise, c’est qu’il faut savoir prévoir l’imprévisible. Pour ce faire, il ne faut pas hésiter à remettre en question la moindre hypothèse de travail ni à envisager le scénario du pire pour la moindre donnée chiffrée. Personne n’aurait pu prévoir que l'assèchement du crédit provoquerait un effondrement aussi rapide et aussi marqué du système financier. Cela dit, personne non plus n’a jamais assisté à un tel élan de coopération internationale parmi les acteurs du marché, les associations professionnelles et le monde politique pour tenter de sortir le système financier mondial du gouffre dans lequel il était tombé.

Aujourd’hui plus que jamais, le secteur opérationnel est un domaine passionnant. D’un bout à l’autre de la chaîne, tous insistent sur l’importance capitale d’une infrastructure opérationnelle saine dans la réussite de la stratégie globale d’une entreprise.

Le middle et le back office ont beaucoup évolué en 2009 et continueront sans doute de le faire. Plusieurs tendances me semblent particulièrement intéressantes à cet égard.
  • La collaboration parmi nos clients s’est accrue et le marché semble aller dans le même sens : toute entreprise a intérêt à promouvoir la coopération interne afin de valoriser ses décisions d’achat.
     
  • Au niveau des relations entre sociétés, la notion de PARTENARIAT semble prendre le dessus parmi les brokers et les sociétés de gestion en ce qui concerne la réduction des risques. L’identification des objectifs communs et des moyens de les atteindre en déployant des efforts mutuels est désormais une priorité pour les contreparties.
     
  • Le domaine opérationnel prend un nouveau visage : jamais le front office n’aura autant participé aux activités du middle office ; les spécialistes des opérations sont en outre devenus les sentinelles de l’entreprise en termes de gestion des risques.
     
  • Les fonctions opérationnelles sont désormais considérées comme dépositaires des données et des processus essentiels qui alimentent tous les systèmes en aval. Suite à la prise de conscience accrue du risque de contrepartie, l’identification et la réduction des risques le plus tôt possible dans le cycle de vie des transactions est désormais incontournable, du back office jusqu’au conseil d’administration.
     
  • Le secteur réclame des processus garantissant la transparence à travers l’ensemble des marchés et des catégories d’actifs.

Perspectives

Le maître mot en 2010 sera sans doute la due diligence : la crise financière a souligné le besoin de transparence et les investisseurs réclament unanimement des processus opérationnels clairs. Aujourd’hui plus que jamais, ils veulent, avant de prendre toute décision de placement, savoir dans quoi ils investissent, mieux comprendre les catégories d’actifs qui composent leurs portefeuilles et connaître l'ensemble des caractéristiques et processus opérationnels pertinents.

Les spéculations de nouvelle réglementation, qui vont bon train depuis le tout début de la crise du crédit, ont de grandes chances de se concrétiser en 2010. Une telle législation permettrait une plus grande uniformisation du secteur à l'échelle mondiale. Autres tendances probables : les investisseurs devraient continuer de recourir à des systèmes de compensation centraux pour les valeurs mobilières complexes, telles que les produits dérivés, et redoubler d’efforts en vue de réduire le risque d’organisation et de contrepartie au sein des sociétés de gestion financière. De même, les hedge funds devront sans doute s’enregistrer auprès des entités appropriées dans le monde et, le cas échéant, se soumettre à une surveillance accrue.
La situation reste chaotique en termes de volumes et de volatilité, ce qui constitue indiscutablement l’occasion idéale de séparer le bon grain de l’ivraie au niveau des meilleures pratiques.

Les stratégies d’investissement, contreparties et techniques opérationnelles traditionnelles ont toutes laissé place à des sources d'alpha, opérateurs et techniques de rendement nouveaux.

Si nous pouvons être fiers des résultats obtenus dans certains domaines, nous ne devons pas pour autant nous reposer sur nos lauriers, car nous pouvons certainement faire mieux encore, même dans les domaines que nous pensons avoir excellé.

Les enseignements tirés du passé prennent un sens nouveau lorsque l’on essaie de les appliquer à des segments moins matures du marché.
De tels décalages entre les processus de gestion des risques tout au long du cycle de vie des transactions seront la priorité absolue des spécialistes des opérations et, au-delà, de la communauté tout entière, au cours des prochaines années.

La situation actuelle sur les marchés prouve de manière irréfutable qu’une mauvaise appréciation des risques peut avoir des conséquences dramatiques en période difficile. S’il ne fallait retenir qu’une leçon de l’année écoulée, ce serait que le secteur doit concentrer tous ses efforts sur l’amélioration de la stabilité et de la fiabilité du marché.


Autrement dit, la réduction du risque opérationnel doit bel et bien être la priorité numéro un en 2010, faute de quoi ce ne sera qu’une question de temps avant que l’histoire ne se répète.

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